Le génial Yoshihisa Kishimoto nous a quitté…

C’est sur Facebook et sur X que le fils de Yoshihisa Kishimoto a annoncé la triste nouvelle. Le génial créateur de la licence Kunio-kun, le père de Double Dragon et le concepteur de dizaines d’autres jeux culte des années 1980 est décédé le 2 avril dernier des suites d’une insuffisance cardiaque. Il n’avait que 64 ans.

Kishimoto avait connu une adolescence difficile, durant laquelle il préférait se battre avec d’autres loubards de lycées rivaux plutôt que d’ouvrir ses livres scolaires. Son temps libre, il le passait au cinéma, à voir et revoir à l’infini les films de Bruce Lee, son idole absolue. Lorsqu’il n’était ni au cinéma ni dans la rue à se battre, il passait des soirées entières dans les salles d’arcade, jusqu’à devenir un expert de Space Invaders.

À l’âge adulte, il a néanmoins su retrouver le bon chemin en devenant développeur de jeux vidéo. Chez Data East, on lui doit alors deux des meilleures productions de l’ère LaserDisc : Cobra Command et Road Blaster. Plus tard, il est débauché par un tout jeune studio : Technos Japan. Là, il confirme son talent en innovant : il souhaite créer un jeu d’action « réaliste », « où l’on ressent la douleur des coups ». Il s’agit du tout premier véritable beat’em up : Nekketsu Kōha Kunio-kun (Renegade en Occident). En réalité, plus qu’un incroyable jeu de baston, c’est aussi le premier véritable jeu « biographique » de l’histoire, puisque Kishimoto s’inspire de sa propre expérience pour le développer ! Le carton est immense au Japon et en Occident, où il est porté sur tous les supports.

Plus tard, il souhaite créer une suite davantage tournée vers le marché américain. Cette fois, il voit encore plus grand. À l’image de son idole Bruce Lee, qui a « réalisé le plus grand film d’action de l’histoire », il ambitionne de devenir celui qui « réalisera le plus grand jeu d’action de l’histoire ». Il crée alors les personnages de Billy et Jimmy Lee (logiquement inspirés de Bruce Lee) et donne naissance à Double Dragon, son nouveau chef-d’œuvre.

Au total, Kishimoto réalisera plus de 300 jeux sur toutes les machines.

En tant que musée Odyssée, nous sommes particulièrement touchés par cette disparition, car l’un de nos collaborateurs, Florent Gorges, était très proche de Kishimoto. Il en était même le biographe officiel et avait publié une biographie en 2012 (aujourd’hui épuisée) aux éditions Pix’n Love. À l’ouverture du musée, nous avions prévu d’en faire l’un des membres de notre « Hall of Fame ».

Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille.

L’équipe du Musée du Jeu Vidéo Odyssée

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